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Nu au miroir (Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen), 1917 Dans ce tableau austère se combinent des structures géométriques dérivées du cubisme, avec la perception super réaliste de la quotidienneté. Le contraste entre l'amour du décoratif, la fidélité à l'objet et le désir de configuration formelle ne pourrait être plus grand. L'enchantement du papillon méticuleusement brodé sur la banquette surpasse de beaucoup celui des formes anguleuses de la femme assise, même quand la tête paraît exprimer une mystérieuse tranquillité.
Autoportrait (Musée Picasso, Paris ), 1919 Cet autoportrait de Miró appartient à la série des tableaux détaillistes, dans lesquels l'artiste combine des détails très pointus de la réalité avec des scènes fantastiques et ornementales. Du tableau émane une tranquillité et une clarté admirables. Il se trouve aussi loin des manifestations de la souffrance intérieure que des intentions de laisser l'âme à nu, toutes les deux aussi célèbres chez les peintres. Miró apparaît ici très loin du doute, sa tranquillité et son regard pénétrant éloignent de son interrogation habituelle. Sous les superficies anguleuses et cristallines se cachent toutes les luttes, les divergences et les altercations aux quelles il se vit confronté durant les premières années de son séjour à Paris. Ici, on ne trouve pas les expériences stylistiques si hétérogènes des autres œuvres de l'époque. Seulement le cubisme apparaît dans cette toile, d'une manière très discrète et presque imperceptible. Ce tableau de Miró est la preuve d'une volonté inébranlable d'être un artiste, une moderne réplique de l'Autoportrait de Dürer, dans lequel se manifeste la même conviction d'être dans le droit chemin. Peut être est ce pour cela que Picasso appréciait tant le tableau. Il l'a toujours gardé après l'avoir reçu des mains de Miró. Aujourd'hui, il se trouve au Musée Picasso à Paris.
Le carnaval d'Arlequin (Albright-Knox Art Gallery Room of Contemporary Art Found , Buffalo)
Danseuse ( Galerie Rosengart, Lucerne) , 1925 Ce tableau appartient aux œuvres de Miró les plus poétiques et les plus austèrement conçues. Sur une toile avec un fonds couleur café est posée une couche de bleu, qui laisse comme une marque de café au fonds. La couche de bleu est faite avec des traits rapides, il y a des traces de pinceau et des tâches qui suggèrent une impression de mouvement. Les autres éléments de mouvements sont les lignes de la gauche: les lignes en pointillé et en rond qui se complètent en une spirale ascendante, une ligne en forme de serpentin en haut, et une droite qui traverse le tableau de bas en haut et qui marque le sens du mouvement. La danseuse est exposée à la droite avec une grâce infinie: la tête en forme de sphère, en noir et blanc, s'unit grâce à une ligne très mince au cœur rouge, dont à la pointe est suspendu un signe génital. Les pieds ondulants produisent l'impression d'une note stylisée, et peut être se réfèrent à la musique. Miró décrit la naissance de ce tableau dans une lettre au collectionneur d'art Rosengatt., maître de l'œuvre. Elle eu lieu durant des vacances de Noël à Barcelone, où il observa une danseuse locale, du groupe "Eden Concert", il fit alors des ébauches. De retour à Paris, dans la rue Blomet, Miró vit ce tableau qu'il apprécia. A partir de cela, il débuta une phase importante de sa vie artistique.
Peinture (Fondation Joan Miró, Barcelone), 1933 Les découpages qui forment les "collages" sont transformés par Miró en figures abstraites de couleurs brillantes. Les formes de couleurs qui ressortent du fond du tableau se trouvent jointes dans un jeu formel et rythmique, auquel s'ajoutent de la même manière les signes linéaires. Bien que cette série d'œuvres appartienne à ses tableaux plus abstraits, Miró refusa toute sa vie d'être aligné dans ce type de peinture. Selon lui, les tableaux purement abstraits étaient des manifestations d'une réalité spirituelle concrète, qui appartient à l'inventaire du réel.
Paysage catalan, ou Le chasseur, 1923
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